Bref, je suis un inconditionnel de ce genre d'aphorismes. Et pourtant, Dieu sait combien j'adore les femmes.
Parmi toutes mes mésaventures en la matière, je vais vous conter un petit épisode charmant de ma vie avec une demoiselle que nous appellerons Colomba, pour simplifier le récit et en même temps s'appuyer sur Merimée pour indiquer ses origines.
Cette saynette se déroule dans un café de bord de mer, et c'est probablement la dernière fois que je vois Colomba avant un bon moment. Je pars vivre à l'étranger, de l'autre côté de cette mer. Elle le sait. Et je prie le seigneur pour qu'elle n'aborde pas le sujet.
Pour camper le personnage, "JF de bonne famille" d'une agressivité sexuelle inextinguible, pétillante et pleine d'humour, intellectuellement brillante et ouverte, physiquement soucieuse du regard qu'on lui porte, elle souffre tout de même d'un léger déficit de confiance en elle qui la rend outrancièrement possessive et jalouse. Un solide caractère de chèvre maquisarde en somme, sapée chez Diesel et autre D&G... Une des meilleures porteuses de l'ensemble Jupe portefeuille (façon Kilt écossais rouge) campée sur des bottes à talons... Dès que je retrouve une photo d'elle dans cet accoutrement, je vous en mettrai une copie "anonymisée"...

Pour revenir à la saynette, et comme vous l'avez compris, compte tenu du caractère de la dite blonde... j'espérais qu'on arriverait à la jouer "silence qui n'en dit pas moins"...De fait, dans un premier temps, elle n'aborde pas le sujet de l'avenir de cette histoire. ET (comme ils le disent si bien sur M6 ou dans "Faîtes entre l'accusé") Là, C'EST LE DRAME :
"Dis-moi ma couille ( je vous concède que pour une JF de bonne famille, elle n'en a pas pour autant un langage peu fleuri...), comment tu définirais ce que nous avons vécu?"
Et là, ma petite voix (la même que celle du petit doigt de Magnum) me hurle dans les oreilles "DANGER, DANGER!!!" "Le département d'Etat niera avoir toute connaissance de vous ou de la mission qui vous a été confiée..." "Putain, mais t'es trop con de ne jamais anticiper ou préparer ce genre d'affrontements. Le feeling, le feeling... tu vois bien où çà te mène de faire confiance à ton feeling".
J'ai l'impression d'être à mon oral de rattrapage d'économie en 2° année : le trou noir!!! Rien, pas d'inspiration. Et c'est en général dans ces moments là, quand on aimerait pouvoir profiter d'un joli blanc dans la conversation pour réfléchir, que votre interlocuteur/gestapiste ne vous laisse aucun répit et vous presse de lui répondre spontannément. Pourtant vous savez que si vous l'ouvrez trop vite, vous allez encore dire une connerie.
Et là, vous regrettez de ne pas avoir une langue maternelle de primate avec 80 mots de vocabulaire. La nuance de la langue française peut vous planter un poignard dans le dos ou à la façon de Dalila coupant les cheveux de son Samson, pour peu que votre Colomba veuille se servir de la cuillère à café, vous risquez....
"Aventure, liaison, histoire, belle histoire, relation, relation intime, relation privilégiée, histoire de fesse, Histoire d'AMOUR, plan love, plan Q, passion, découverte de l'être aimé". Voilà ce qui me revient à l'esprit. Evaluation du caractère de la cible, graduation de qualité des différents mots disponibles. (je deviens le T1 d'Arnold S, gouverneur de Californie) Très vite, qqs mots trop amphatiques qui pourraient être pris pour du foutage de gueule se retrouvent écartés de l'appel d'offre.
Je ne peux pas dire à Colomba que nous avons vécu une histoire d'amour. Même si je le pensais, elle prendrait çà pour une vanne et me couperait les... Même chose pour "plan love.... /Passion", c'est chargé d'une connotation stendhalienne désuette très "Le Rouge et le Noir". "Découverte de l'être aimé"... Là c'est encore plus pathétique et obsolète façon "Tristan et Iseult".
Comme les images issues de romans ne sont pas du tout adaptées... Mes lectures s'étant arrêtées en Première avec les grands classiques de la fin du 19° (chiants comme Madame Bovary) et du début du 20° (inadaptés comme Pagnol ou Barbusse). Je change de références. Passons au cinéma. Et là encore, les premières illustrations qui me viennent sont très connotées. Mais je ne suis pas le seul fautif si la demoiselle me fait penser à la merveilleuse collection des "Animals Trainer" de notre idole de la caméra DV : Rocco S.! En d'autres tps, et d'autres circonstances, elle eut été flattée, la bougresse. Mais là, "tu risques un machiwari derrière la nuque."
"Reprends-toi mon ami, reprends-toi." Et figurez-vous que j'avais revu, une semaine auparavant, le seul film de Lelouch que j'ai pu voir et revoir avec plaisir, "l'aventure c'est l'aventure" avec son générique insupportable qu'on n'arrive à extraire de la tête. Fan absolu de Lino Ventura et de Charles Denner.
PATATRA!!! "Humm, Colomba, je dirais que nous avons vécu une belle aventure"...........
Si elle avait pu m'envoyer des éclairs avec les yeux, elle l'aurait fait. Avec son visage expressif de clown auguste, elle pouvait changer de physionomie en une fraction de seconde. Passant de la bimbo blonde (à l'oeil lubrique) au regard de Nicholson ds "The Shining". Vous savez, la tête penchée vers l'avant et le regard qui remonte sous les sourcils. La commissure gauche des lèvres qui s'agite dans un spasme nerveux.
Alors, je ne vais point trop en faire, mais je pense que si elle tombe sur ce blog par hasard, elle se reconnaîtra derrière les traits de Colomba. Et elle ne pourra vous mentir en prétendant que 3 ans après elle ne s'en souvient pas. A chaque fois que nous sommes en contact, elle ne manque pas de me le rappeler, d'une façon ou d'une autre, comme pour reprendre l'ascendant quand elle est en difficulté, ou pour me terrasser quand elle a déjà pris le dessus de la joute verbale.
Mais bon, sincèrement, je trouve çà sympa une "Aventure" avec une femme. Je n'y vois pas de connotation négative. Surtout dans la mesure où il ne s'agit pas d'une aventure extraconjugale. Beaucoup mieux que la liaison ou le plan Q. Mais maintenant que je le sais. Je pense qu'il faut utiliser des mots encore plus neutres. Ce qui me parraissait très positif lui a sonné différemment dans l'oreille. Elle y a vu le côté "sans conséquence", "sans lendemain" que je ne voulais pas y mettre. BREF, RELATION, désormais, c'est très bien. Et quand vous voulez faire pleurer dans les chaumières, un "notre histoire" est aussi diablement efficace. Car il s'accomode de tous les épithètes possibles pour le qualifier. Dorénavant j'éviterai les mots polysémique pour me tourner vers du mot simple : RELATION
En tout cas, peut-être que qqs femmes seront horrifiées de me lire en ces termes. Mais je vous assure Mesdames, posez-vous la question et vous verrez qu'il n'est pas évident de répondre en moins de 3 secondes à cette question. Je vous permets donc de me tancer dans les commentaires.
Et la question qui va avec et qui tue !!!! "Et j'étais quoi moi pour toi?" Sèche, brutale, sans choix multiple. Cette question est fatale. "maîtresse, amante, petite amie, mon amour, ma femme, mon partenaire de relations sexuelles librement consenties ( sous forme d'échange de bons procédés), chérie, amour..."
Quelques femmes adorent jouer le rôle et endosser les attributs de la maîtresse, mais ce n'est pas la grande majorité. Le frisson de l'interdit et des circonstances un peu glauques... Au point de feindre de les reproduire en se voyant à l'hôtel alors que l'un et l'autre vivent séparément et seuls.... En tout cas, celles qui n'aiment pas cette image que leur histoire leur renvoie, si jamais vous vous avisez de leur dire "tu es ma maîtresse"... je plains dès lors votre service 3 pièces... (notez la rime)...
Enfin, si qq'1 a la solution universelle, le mot-clé passepartout qui permet de faire face à 99% des situations, je l'invite fermement à me le glisser dans les commentaires.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire