vendredi 18 avril 2008

L'idole des jeunes...


Hassan cehef (version complete)
envoyé par fazerman80



Hassen Céhef, à nous de vous faire préférer l’avion… ‘tain, comment des vaches arrivent encore à monter sur des voies ferrées, malgré tous les grillages et autres barbelés ?? Alors, sur un trajet de 4H15, la SNCF arrive à pondre 1H de retard annoncé au final… « SNCF, Tout il est possible, sauf d’arriver à l’heure. » Bilan, j’ai épuisé mon stock de DIVX… ET je n’ai pas envie de les revoir tout de suite. Alors, pour tuer le temps, je me jette ds la rédaction d’une p’tite note sur HOUSE, M.D., pour éviter de tomber de sommeil et de ronfler. Faut dire qu’avec la zic à donf pour éviter d’entendre 2 moufflets qui hurlent tout du long, je devrais arriver à ne pas ronquer. Quand je pense que je m’étais pris une première en pensant que j’aurais une paix royale. La SNCF se prendra un jour sa note enchanteresse. ;o) Comptez sur moi pour ne pas rater ce modèle typiquement français de l'inertie absolue face à toute réforme nécessaire.


(et en plus, ils parodient la Cène de ce bon vieux De Vinci.... Si si, le 12° apôtre est le malade...)


J’ai enfin trouvé mon maître. House M.D. Quel délice, tout de même ! Un pareil Anapurna de cynisme, un K2 de l’odieusitude, un Everest de la défiance, un Kilimandjaro apologique du doute… un mont Ventoux de l’humour…

Je vous avais promis une note concernant mon intérêt marqué pour cette série… Elle repose sur l’appréciation que le héros porte sur nos sociétés modernes. Pour lui, tout le monde ment, sciemment ou inconsciemment. « Même les fœtus mentent !!! » Nous mentons pour taire un secret, une honte, une phobie... Il s'agit simplement de ne pas divulguer l'inavouable.

Je dois avouer que mes compétences en Anglais atteignent pour le coup leurs limites. J’ai bien essayé d’en suivre quelques épisodes en VO non sous-titré ; mais déjà qu’en Français, la série est complexe avec son cortège de mots extraits du vocabulaire médical… alors en Anglais, là, cela confine au délire. Comme pour les séries juridiques ou politiques (« West Wing » ou « Boston Justice »), le débit de mots prononcés à la minute atteste de l’intelligence, de la brillance, de la vivacité d’esprit des personnages principaux. Ici, le concept est repris mais adapté à l’univers médical.

Quand on les écoute parler à ce rythme sans faute de syntaxe, et surtout quand on mesure leur vitesse de répartie, alors, on a un peu le sentiment de passer pour un con… Je ne partage pourtant pas ce point de vue des scénaristes de séries US. L’intelligence ne repose pas que sur la vitesse. JF Kennedy était l’un des orateurs qui avait le débit le plus rapide de mots prononcés en une minute. Comme quoi il n’était pas forcément aussi intelligent que sa vitesse d’élocution le laissait croire aux Américains : il s’est fait abattre comme un con par un pecnaud… (ou même plusieurs)

Et c’est marrant, mais je ne m’imagine pas du tout la mentalité américaine mettre en valeur les chantres du doute, les professionnels du raisonnement (par la contradiction) et de la polémique constructive. Pourtant, les scénaristes mettent le doute et la dialectique en valeur ; j’en suis sur le Q. Cette série est tellement politiquement incorrecte. Bon, le héros est campé par un acteur britannique. Cela aide peut-être à rendre plus crédible son caractère.

Un Toubib américain qui refuse de parler de bébé tant qu’il ne s’agit encore que d’un fœtus, et lui attribuer le statut d’excroissance. Un Toubib qui part du postulat systématique que ses patients ne lui diront jamais la vérité… Un Toubib qui envoie son équipe fouiller la résidence principale de son patient pour découvrir d’éventuelles toxines cachées, des drogues inavouées, une alimentation avariée ou du moins malsaine… Le tout sans avoir obtenu de mandat ni prévenu le patient concerné. Un Toubib qui ne respecte pas la hiérarchie.
Un Toubib qui se drogue à coup de pain-killers, all day long, pour surmonter une douleur récurrente dans la jambe. Un Toubib qui use et abuse de stratagèmes divers et variés pour parvenir à ses fins, coller des piqûres à l’improviste à des patients qui n’en veulent pas, administrer une posologie de cheval, ou prescrire des médicaments dont le patient ne veut pas entendre parler… Un Toubib qui pousse parfois ses patients à se retrouver dans une situation encore plus délicate pour permettre à son diagnostic d’isoler les symptômes parasites et ne retenir que ceux qui sont essentiels à son analyse. Un Toubib qui propose à un père d’opérer son fils attardé mental, mais génie du piano, pour lui supprimer la partie de son cerveau malade qui empêche son cerveau valide de développer des compétences, au risque de le priver de son talent miraculeux face à un clavier de piano.

Toute cette collection de politiquement incorrect, et ce sur la FOX ??? La chaîne la plus bushiste des chaines bushistes… Décidément, les Américains sont surprenants. Bon, d’accord, cela ne passe pas sur ABC, filiale de Disney… Mais quand même, imaginez qu’une série ultralibertaire, tendance Lutte Ouvrière qui suivrait le journal de Pernault sur notre très conservatrice TF1, ou bien une série favorable à la torture et à la peine de mort sur la gauchiste Canal+… Ah merde, cela existe. C+ diffuse bien 24H où l’on prône allégrement la torture… Mais ce n’est pas grave, l'histoire se passe aux Etats-Unis.

Bref, ce Dr House est un savant mix de Colombo, du Dr Ross, du Président Bartlett (Martin Sheen). Il a une immense culture, et notamment musicale, il connaît la plupart des maladies que nous qualifierions sans doute d’«orphelines» dans notre bel hexagone. Il a un pouvoir de déduction hors du commun. Tel un Sherlock/Poireau de la médecine, il déduit davantage qu’il ne voit. Ses observations ne se contentent pas de nier l’évidence, mais ne s’en satisfont absolument jamais. Tout ce que l’on voit n’est pas forcément tel qu’on le voit, et surtout, le visible n’est pas la vérité absolue.

Les symptômes et leur interprétation redeviennent essentiels dans l’articulation du raisonnement médical afin de remettre en place un diagnostic parfaitement adapté à la thérapeutique envisagée.

« TOUT LE MONDE MENT ». Du fœtus au malade dans le coma. Il faut passer la barrière de ce mensonge généralisé pour poser le juste diagnostic. House reprend tous les poncifs conservateurs sur les femmes, les hommes de couleur, sur le goût du pouvoir, la fidélité , les ados qui picolent ou se droguent au moins au pétard… Parce que House est un vieux réac’. Loin d’être « Rousseauïste », pour lui l’homme est tout sauf naturellement bon mais la société peut parfois le pervertir quand même en plus. Et c’est là que cela me plait. Je n’ai jamais avalé l’histoire de l’homme qui naît bon… Quelle connerie. Certains naissent bons et d’autres sont des fumiers dans l’âme.

Bon, je parviens à rester lucide hein… Je suis bien conscient qu’il s’agit d’une fiction. Evoluant dans une famille de toubibs, je sais bien qu’il n’existe pas de toubib qui sache tout de la médecine sans avoir à se plonger parfois le nez dans une encyclo… Mais c’est vrai que son cynisme me régale. De même que son goût pour la vanne et le bon mot qui fusent à toute bizingue. Enfin, cerise sur le gâteau, son rapport aux femmes repose d’abord sur la méfiance. Finalement, il s’agit bien de mon idole.

PS : bon d'accord, cette note a près d'un mois depuis sa rédaction. J'ai raté au moins trois soirées avec mon héros, mais je ne veux pas croire qu'il aurait pu me décevoir depuis.

Aucun commentaire: