mardi 8 avril 2008

Rabat-Joie et le Cinéma Français

Bon, je suis très critique vis à vis du cinéma français. J'ai, la plupart du temps, la cruelle impression qu'il s'agit de pauvres téléfilms auxquels ont à ajouté une bande noir en haut et en bas de l'écran pour donner un format cinémascope.

En général, la photo est pitoyable, le son pas terrible et franchement, raquer 66F, pour se prendre des coups de pieds dans son fauteuil par le connard de voisin de derrière, pour mater des films qui devraient déjà se considérer flattés d'être regardés lors de leur diffusion télé.

Du coup, en dehors de quelques exceptions comme des films de Jeunet, "Ne le dis à Personne" ou encore "un long dimanche de fiançailles"... Sur les 20 dernières années, peu de films français ont trouvé grâce à mes yeux en tant que Spectacles d'Entertainment.

Si je vais au cinéma, je veux en prendre plein les yeux, ne pas comprendre tout le scénario avant même d'être entré dans la salle, rien qu'en regardant les bandes-annonces, je veux en prendre plein les oreilles avec un pur son. Sinon, je vais à la cinémathèque pour me voir un vieux polard avec Gabin, en Noir et Blanc et un traitement minimaliste du son.

Ceci étant dit, après avoir déversé mon fiel, je dois reconnaître que parfois je me plante dans mon anticipation d'un programme ciné. Devant le succès de l'an dernier, "La Môme", j'ai préféré décliner. Trop de queue dans les files de ciné. Et puis surtout, le parfum de Piaf. C'est marrant, mais si j'associe des odeurs à des époques, j'associe également des sons à des époques, à des ambiances.

Piaf, c'est à mes yeux cette France d'après-guerre, un peu surannée, en Noir et Blanc, une France qui se passionne pour le Vélo (sur piste ou sur route), pour des combats de boxe truqués, pour le Turf. Edith Piaf, c'est la France du Commissaire Maigret, assez sombre et sale. Bref, une France peuplée de Beaufs qui se complaisent dans la IV° République. Je perçois cette époque comme une période de mélancolie, de sinistrose. En gros, j'ai beaucoup de mal à positiver. Et ainsi, Piaf en tant qu'icône représentative me rebute un peu.

Et c'est là que je dois faire un nouveau "Mea Culpa". Olivier Dahan a fait un film assez réussi, porté largement par une belle bande son et une qualité de la photo qui mérite d'être vue dans une salle obscure pour s'en mettre plein les yeux. Et même si çà me fait mal au cul de le reconnaître, les chansons de Piaf sont globalement nickel : l'orchestration, la voix, les textes. Finalement, j'en ai aucune dans ma discothèque, si ce n'est Gainsbourg et sa reprise de "Mon légionnaire". Et là dessus, je suis un con qui n'arrive pas à aller contre ses petites phobies, ses appréhensions figées dans des apriori pas toujours fondés.

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