samedi 10 mai 2008

Pauvre JP!!!

Et oui, hier, il y en a un qui a dû "avoir les boooouuuules". C'est ce pauvre Jean-Pierre Elkabach. A une petite 10aine de jours près, il aurait évité de se prendre un blâme par le CSA (et d'en faire prendre un au groupe Lagardère : l'ancien vendeur d'armes a dû gouter à juste titre de se faire taper sur les doigts. Déjà que l'audience d'Europe1 est en chute libre...) . Pascal Sevran est finalement décédé hier.

Alors, ne comptez pas sur moi pour vous mettre une photo. En effet, de penser que cet homme a joué des coudes et de ses réseaux d'influence pour se maintenir à l'antenne avec une émission pourrie pendant des années, rien que çà et déjà, il me débecte.

Après, il a pondu des textes pour une chanteuse que je ne peux pas saquer, est devenu super pote avec le mec qui avait brisé le coeur de sa chanteuse alors qu'il devenait Président de la République. Quand on connaît mon aversion pour l'auteur du "Coup d'Etat Permanent"... Bref, vous comprenez facilement que çà m'en touche une sans me faire bouger l'autre.

Enfin, les médias n'ont pas manqué de rappeler son dérapage sur la bite des Noirs. Il faut dire qu'il avait poussé le bouchon super loin. Et que lorsqu'on est auteur compositeur de chansons, il faut rester à sa place et ne pas partir dans des déclarations de politique générale. On n'a jamais demandé à un boucher de réparer une montre ou un IRM. Après, si on est magnanime et qu'on sait que le malthusianisme fait un retour en force dans la pensée unique en France, alors on peut se montrer un peu indulgent pour sa déclaration.

En effet, il est largement répandu dans l'opinion publique et dans les médias que la terre ne parviendra bientôt plus à nourrir la population mondiale. On aura bientôt plus assez de bouffe, de pétrole et d'autres matières premières pour permettre à tout le monde d'en profiter. Cela alimente la spéculation sur les céréales, les métaux et les sources d'énergie primaire. Ainsi, la déclaration fracassante d'un hystérique qui ne mâchait pas ses mots commence à être automatiquement relativisée.

Aussi, si l'on tourne sa déclaration avec des mots beaucoup plus politiquement correct, on pourrait pondre quelque chose de déjà moins sujets à polémiques et à des réactions manifestement hostiles.

L'absence de politiques démographiques étatiques place le continent africain dans une situation délicate : dans la mesure où l'évidente lacune en matière de contrôle des naissances, les progrès de la médecine alimentent une croissance démographique brutale et en parfaite contradiction avec les conditions socioéconomiques que connaît actuellement l'Afrique. Cela veut dire la même chose, et en même temps, le parfum souffreteux lepéniste est quand même gentiment mis de côté.

Après, on peut trouver une version à mi-chemin entre la version ultra-politiquement correcte et la version scandaleuse qui aurait tendance à fustiger l'absence de réforme culturelle et de changement des mentalités africaines.

Sur un continent où la puissance, la virilité des hommes se mesurent encore à la taille de sa progéniture, certaines considérations culturelles ont tendance à encourager un indice synthétique de fécondité (ISF) à se maintenir dans des proportions élevées. L'allongement de la durée de la vie, la chute de la mortalité infantile soutiennent une croissance démographique naturelle déjà élevée. Contrairement à l'Europe du XIX° siècle et du début du XX° siècle qui avait connu le même genre de croissance de sa population, l'Afrique ne connaît pas le même succès en matière de productivité agricole. Certes, l'artisanat et l'agriculture africaine se développent mais à un rythme inférieur au décollage démographique. Sans une réforme profonde des mentalités, l'Afrique se dirige vers des années difficiles.

Bref, même si çà faisait un baïl qu'il venait d'avoir 18 ans, et qu'il était en somme un "génie incompris", Pascal Sevran s'est éteint. Qui sait, un jour on aura droit à une émission spéciale de Drucker en hommage à la disparition d'un homme dont les amis se sont détournés.

Désolé, je ne pleurerai pas tout de suite. Je verserai une larme dès que j'aurai le temps, parce que pour le moment je suis débordé. Allez, bon samedi.

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