Je vous ai déjà dit que je remettais facilement à demain, non? Et bien cela se vérifie encore avec Lazare Ponticelli. Il me faut vraiment du temps pour rédiger ma note sur un sujet aussi grave. Toutefois, je me demandais si il restait des "Casques Pointus" d'en face en vie... Parce que là, moi, à la place du soldat Ponticelli, je me sentirais frustré à cause de ce petit goût d'inachevé. Quand on aime le travail soigné, on se doit de finir le boulot. Et si il reste des "Casques Pointus" alors que nos "Poilus" sont tous morts.
Je souhaitais vous faire part d'un nouveau sentiment qui m'a envahi. La sensation d'être un analphabète de la musique. En effet, hier soir, j'ai fait un saut à la Cité de la Musique pour assister à un concert auquel j'étais invité.
L'Orgue - De la liturgie à l'électro
Orchestre du Conservatoire de Paris
Arie van Beek / Michel Bouvard
Orchestre du Conservatoire de Paris Arie van Beek directionMichel Bouvard orgue
Charles Tournemire
Symphonie n° 7 (mouvements 1 et 2) Création française
Francis Poulenc
Concerto pour orgue
Entracte
Olivier Messiaen
L'Ascension, pour orchestre
Charles Tournemire (1870-1939) et Olivier Messiaen (1908-1992) furent tous deux organistes. Messiaen, qui admirait les oeuvres de son aîné, le remplaça également, à l’occasion, en tant que suppléant à l’église Sainte-Clotilde.Outre leurs compositions explicitement dédiées à l’orgue, la pratique de cet instrument a laissé des traces dans leur orchestration. La septième symphonie de Tournemire, conçue à l’origine comme un ballet, est intitulée Les Danses de la vie (1918-1922). Quant à L’Ascension de Messiaen (1932-1933), c’est une suite de « quatre méditations symphoniques » inspirée par les Écritures saintes, dont il existe également une version transcrite pour orgue.L’orgue, cet instrument qui est presque un orchestre à lui tout seul, a donc exercé son influence sur l’écriture symphonique. Mais, dans le Concerto pour orgue de Poulenc (1938), c’est directement qu’il rivalise avec l’orchestre, en déployant toutes ses ressources de virtuosité.
Coproduction Cité de la musique, Conservatoire de Paris.
Alors certes, ce n'est pas la première fois que j'ai la cruelle sensation d'être un béotien inculte. Ma petite expérience au Maghreb m'avait déjà indiqué qu'il était très difficile de pénétrer une culture si différente. L'obstacle de la langue jouant pour beaucoup dans cette sensation. Mais quand vous vous retrouvez catapulté dans un univers où l'alphabet n'a rien à voir... Et bien, souvent, sur les routes, vous regrettez de ne pas avoir de GPS bien cartographié du coin quand il vous faut choisir à 130km/h entre la direction de $£#{ et celle de $£¤{.... Bon, j'ai la flemme de rechercher des caractères arabes.
Pour en revenir à la musique, on peut tous être "transportés" par un air particulièrement réussi. Les codes musicaux sont tout de même plus accessibles que pour la peinture, la sculpture. Pourtant, si vous n'avez pas "l'alphabet" (le moyen de lire une partition) ou le bain global culturel, vous risquez la noyade. En fait, si je pouvais faire une analogie, ce serait comme de se retrouver dans un colloque de spécialistes : des avocats en droit des affaires, des psychanalystes, des biologistes moléculaires... Sans un minimum de connaissances, vous voyez certes le ton général qd le colloque est en Français, mais vous risquez de faire quelques belles erreurs d'interprétation. Bein là, c'est pareil
Ex : Extrait du Carnet.
Andante – Allegro giocoso – Andante moderato – Tempo allegro, molto agitato – Très calme – Lent – Tempo de l’Allegro initial – Tempo Introduction, Largo
Bon, Andante, Allegro... passe encore : mais Giocoso??? quand on ne parle pas Rital ou Corse, bon courage. Pour frimer, je me suis risqué à traduire par un "joyeux" sans conviction à quelqu'un qui avait commis l'erreur de me poser la question. J'ai pas le courage d'aller vérifier sur Babelfish si j'étais ou non complètement ridicule.
Certes, on peut écouter la musique sans savoir dans quel mouvement l'on se trouve. Mais alors, régalez vous de ce passage du carnet : je vous jure que j'invente rien. J'ai dû relire le tout 4 fois pour piper 50% de ce que çà voulait dire.
Trois refrains et deux couplets alternent en une méditation sereine au rythme souple,
comme dans un Alléluia de plain-chant. Les bois ont la part belle dans la palette sonore
et l’harmonie repose principalement sur les deuxième et troisième transpositions
du troisième mode à transpositions limitées (échelles spécifiques mises au point par
Messiaen). Dans l’imagination du compositeur (qui souffrait – ou jouissait – de synesthésie,
c’est-à-dire qu’il associait à chaque son une couleur), ces échelles correspondent
respectivement à « gris et mauve avec un peu de jaune pâle – et puis bleu et vert ».
Cordes et vents se partagent ce mouvement, rejoints dans le dernier refrain par
la cymbale : son roulement se mêle au trille dans l’aigu du dernier pupitre de violons
pour un fascinant effet de couleur.
GNé?????
Bon, premier soulagement du truc, en bon hypocondriaque, j'ai été ravi d'apprendre que je ne souffrais pas de synesthésie... sur les deuxième et troisième transpositions du troisième mode à transpositions limitées ???????????????? Mais là, il aurait fallu tout l'équipe du Dr Ross pour me ramener à la vie... Kénécé? Sans déconner... Je vous jure que j'invente rien. Le PdF est accessible là.
Bon, d'accord, quand on se pointe à un concert de Messiaen, on est sensé écouter France Musique pendant tous ses tps libres. Mais bon sang, que les gens ne s'étonnent pas si les salles de concert ont du mal à se remplir en France, alors !!! Merde. J'ai l'impression désagréable d'avoir arrêté l'école en CE2.
Après ce couplet larmoyant sur mon inculture, j'ai réalisé un truc en voyant ces mecs. (Une partie était retransmise en vidéo). Ils en chient souvent quotidiennement pour exécuter avec virtuosité leurs partitions. Cela nécessite une masse de travail et de discipline colossale. Mais alors quel pied ils ont l'air de prendre.
Les veinards, vivre de leur passion. Mais quel pied. Moua, ce n'eut pas été mon truc. La musique, j'aime bien l'écouter. A la limite, j'envie encore plus les compositeurs. Pas Pascal Obispo hein. Mais le mec qui est capable d'imaginer dans sa petite tête comment un assemblage de sons et d'instruments peuvent trouver la parfaite harmonie pour exprimer l'émotion qui l'habite???
Putain, çà, çà me ferait kiffer.
Non pas que "j'aurais voulu être un artiiiiiiiiste!!!" ni que "j'aurais vouluuu être un autiiiiiiste!!!! savoir compter les numéroooooos"... Mais franchement, je me sens condamné à n'être jamais un créatif. Et çà, c'est peu valorisant. La dernière fois, je suis parti sur un vers de Hugo (rassurez-vous, j'en connais 2) qui m'a fait me dire que franchement, savoir écrire. Là aussi, çà doit être un grand pied.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre,
Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,
L’œil était dans la tombe et regardait Caïn.
Si çà, çà déchire pas sa race... alors là... C'est quand même autre chose que du Jenifer ou du Abd El Malik, malgré tout le respect que j'ai pour cet artiste.
Si je fais le bilan des expressions artistiques dans lesquels je pourrais me lancer :
- Sculpture : çà, C un coup à me couper un doigt; Cf mon habileté légendaire
- Peinture : voir ci-dessus. Franchement, je suis nul en dessin et n'est pas Basquiat qui veut.
- Architecture... à voir avec un bon logiciel de CAO 3D, çà pourrait compenser mon inaptitude à tenir un crayon.
- Lettres : incapable de composer un poème
- Musique : inapte à interpréter et à composer... Coordination 0
- Danse : sorti de Saga Africa, de pogos de ma jeunesse... inapte aussi Cf coordination.
Et puis la danse classique, alors là, je peux pas. Les ballets en Tutu... Je sais, je devrais avoir honte, mais je suis hermétique car je n'ai absolument pas été initié. çà me fatigue de les voir avec leurs grands gestes amples parce que je ne déchiffre pas; Mais ne vous méprenez pas hein : Kamel Wali, je trouve çà carrément ridicule et vide de sens.
Finalement, comme tous les mecs qui n'ont aucun talent, je sais ce que je pourrais faire Critique Façon Eric Nollo : "Tout est de la meeeeerde".... Ou alors, Prof. Tu es mauvais golfeur, skieur, joueur de tennis... tu peux passer "pro" par pour jouer le circuit, mais pour filer des courts. Idem en Maths ou en Bio. 'tain, combien j'ai eu de profs de bio (et que personne que je connaisse se sente visé hein...) qui étaient des frustrés dégagés de médecine....
Coach, finalement, c'est un bon créneau.
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