Sous nos cieux, la PS3 coûte 400€ pour un modèle de base, la version 40 Go avec seulement 2 ports USB, pas de rétrocompatibilité, pas de lecteur de carte mémoire, etc... Chez nos cousins américains, on est au même prix... En dollars. Du coup, le plus idiot des non-matheux, peut calculer de tête, que la PS3 coûte 1,52 fois moins cher outre-atlantique. Toujours pour les non-matheux, le Dollar est désormais à moins de 4,32 Franc. Et franchement, je ne sais absolument pas à quand il faut remonter pour trouver un cours aussi bas. Quand on a connu un dollar à beaucoup plus de 10 Francs... çà laisse songeur.
Vous allez me dire. quelle découverte!!! (en vous foutant de ma gueule) C'est juste que cela ma dédouane un petit peu d'un achat difficilement justifiable en réduisant la note à moins de 265€... On se sent moins coupable de cramer sa thune dans un jouet pour gamin.
Pourtant, ce simple petit exercice de calcul basique m'a amené à faire toute une série de calculs, sur des éléments de notre quotidien pour finir par démasquer une intoxication de première bourre sur la légitimation des hausses de prix. Et selon moi, la Banque Centrale Européenne joue un drôle de petit jeu avec le quotidien des €uropéens.
Légitimiste, je m'étais rangé à l'avis de la population qui avait ratifié Maastricht en France. Les Français veulent une Europe quasifédérale, avec des normes communautaires qui s'imposent à son système législatif national. Ce n'était pas conforme à mon opinion, mais si on se veut démocrate, alors, mieux vaut finir par accepter un référendum : celui de 1992.
On comprend ainsi mieux la décision de l'OPEP de ne pas augmenter les quotas de production pour éviter de laisser le cours du baril s'envoler au-dessus des 102$... Finalement, en €, le cours ne dépasse pas les 66€ le Baril, ce qui ramène le cours à son niveau datant quasiment d'il y a 3 ans si l'€uro était la monnaie de référence. Au jour du 02 décembre 2002, approximativement la dernière date de parité €uro/Dollar, le baril était sous les 30 Dollars US, et par voie de conséquences, sous les 30€. Finalement, cette hausse qui nous est affirmée, une multiplication par moins de 5 du prix du brut en un peu plus de 5 ans, ne devrait être réduite qu'à une multiplication par moins de 3.
Cela explique même que certains pays, en marge de l'association ultra-conservatrice des producteurs OPEP/OPEC, aient choisi de fixer le cours de leur pétrole en monnaie européenne. (Cf l'Iran)
En effet, le gros des importations des pétromonarchies est essentiellement composé de produits européens, ou du moins, dont le coût est déterminé sur la Zone €uro. Au rythme actuel de la dévalorisation du Dollar US, nos amis du Golfe Arabo-Persique finissent même par gagner moins d'oseille qu'avant. Nos amis emirs ne peuvent donc pas se payer 5 fois plus de foulards Hermès pour voiler leurs femmes qu'avant la hausse.
Mais alors, me direz-vous, pourquoi motive-t-on la hausse des prix en France par l'envolée des cours du pétrole? C'est simple, il faut tout de même bien trouver un bouc-émissaire. Si l'énergie coûte plus cher, alors, toute production coûte mécaniquement plus cher. De la même façon, les emballages et autres produits dérivés du pétrole coûte plus cher.
60 millions de consommateurs a allumé les yahourts Danone... ('tain, cette faculté que nous avons à tirer une balle dans le pied de nos champions nationaux, 60M consommateurs aurait pu allumer Nestlé...). Mais le coût de du yahourt ne repose pas sur le seul coût du lait. Qui lui même a subi la hausse du cours du pétrole par 2 fois. Le prix du lait augmente quand les céréales augmentent, car elles entrent largement dans la composition de l'alimentation des bovins. Celles-çi se réévaluent à mesure que les machines outils (moissonneuses batteuses et autres) ont un coût de fonctionnement plus élevés et que la demande explose simultanément à la croissance des pays fortement peuplés qui n'ont pas les moyens de produire davantage. Le coût du pétrole intervient déjà donc une fois. Puis, avec le traitement du lait, sa récolte, sa conservation, son traitement, son transport, la hausse des cours du pétrole et de l'énergie influencent à nouveau le cours du yahourt.
Mais ne vous focalisez-pas sur le yahourt, ce n'est qu'un très bon exemple parmi d'autres. D'autres industries sont grandes consommatrices d'énergie. Et notamment toute l'industrie lourde fondamentale autour du traitement des métaux. Fabriquer de l'acier coûte également cher en énergie. Le cours de l'acier explose au moment même où la demande mondiale est tirée par la croissance indienne et chinoise. (on notera tout de même au passage "l'habileté" des investisseurs européens qui ont laissé Arcelor tomber aux mains de Mittal, alors même que tout le monde pronostiquait des profits en hausse. Le manque de liquidités financières empêche les investisseurs européens de conserver les "joyaux de la courronne").
Il est tout de même rarissime de connaître une zone géographique qui traverse une croissance sans hausse de prix. Tout le monde se pâme devant la croissance à 2 chiffres de la Chine et regarde misérablement les 2% de notre pays pas réellement dynamique. Il faut dire que pour retrouver une France en tête des pays en croissance, il faudrait presque remonter avant la Grande Guerre. Bref, revenons à la Chine, certes, elle connaît une merveilleuse croissance supérieure à 10% malgré un Gouvernement les 2 pieds sur le frein du réchauffement économique. Pourtant, cette belle croissance est largement rognée par une inflation galopante des prix à la consommation. Le cours de leur viande de porc favorite a plus que doublé en 1 an.
Je vais tout de même rappeler ici que le seul objectif de la Banque Centrale Européenne est de maîtriser l'inflation de la Zone €uro. Contrairement à la FED qui, outre l'inflation US, se préoccupe également de l'emploi, de la croissance de l'économie américaine. Notre Gouverneur a pour principal objectif de juguler l'inflation.
La baisse des taux n'est donc pas d'actualité pour le moment en Europe. Même si cela permettrait de faire baisser le cours de l'€uro et de doper nos exportations en rendant nos produits à forte valeur ajoutée (Airbus, TGV, centrales, BMW, Mercos...) plus attractifs pour le reste de la planète. Et par voie de conséquence, de favoriser l'investissement des Entreprises, soutenir le marché de l'emploi. Et l'on retrouve là l'origine du manque de liquidités qui ne nous permet plus de concurrencer des investisseurs comme Mittal quand celui-çi veut s'emparer d'une boîte en parfaite santé et promise à un bel avenir de rentabilité.
Le chômage élevé de la zone €uro n'est pas une préoccupation de nos amis allemands, même si ces derniers ont désormais un ratio de chômeurs dans leur population active plus élevé que le nôtre. Angela M. n'aime pas entendre son collègue Nicolas S. vitupérer contre Monsieur Trichet et sa politique immobiliste.
Au final, les croissances chinoises et indiennes, ont de multiples effets.
- Leurs industries de produits de consommation courante sont en train d'étouffer leurs concurrentes européennes ou du moins d'attirer les entreprises européennes à délocaliser pour maintenir des marges d'exploitation satisfaisante.
- L'enrichissement progressif de la population accroît la demande intérieure et accélère l'inflation de la consommation courante. Cet effet est démultiplié par un Yuan étonnament sous-évalué grâce à une politique gouvernementale chinoise ferme. Le boom de la consommation énergétique, céréalière (et ses déclinaisons comme le lait et la viande), et celui de l'acier influence donc le marché mondial de ces "matières premières".
Au final, leur développement va peut-être permettre de lisser des écarts qui produisent des avantages comparatifs dont Paretto se régalerait pour affirmer sa théorie. Avec une population qui a besoin de manger, il faut augmenter les salaires massivement pour attirer de la main d'oeuvre, car elle est très volatile en Chine. Les salariés vont au plus offrant. Et si vous voulez conserver des ouvriers chinois, il faut progressivement les payer davantage.
Au fur et à mesure, ce "rattrapage" gomme les écarts qui motivent les délocalisations. Le coût de transport augmente. Le coût de fabrication augmente avec les salaires, les matières premières et l'énergie. Bientôt, des boîtes finiront par rapatrier leur production en Zone € puisqu'elles ne trouveront plus d'avantages à délocaliser.
Ce qui est désolant, c'est que, comme d'habitude, notre zone €uro peu réactive (et la France en particulier) ne fait rien pour lisser les effets de cette période de transition. L'Europe a ainsi connu des periodes de crise plus longues, suite aux grands clashs économiques. Le Jeudi Noir de 1929, les 2 chocs pétroliers ont eu des effets plus longs chez nous qu'aux USA.
Parce que les institutions sont arcboutées sur des principes mortifères. Une banque centrale ne doit pas seulement influencer l'inflation mais soutenir la croissance et combattre le chômage.
Pour achever ma digression sur la hausse des prix en France, il est à noter que lorsque les multinationales ont l'opportunité d'accroître leurs marges, elles ne font rien pour les réduire. On touche là aux limites du libéralisme.
Si la concurrence n'est plus respectée, alors, plus de lutte sur les prix. MS et Sony vendent leurs produits 50% plus chers en Europe qu'en Amérique sans batailler du tout, entre eux, sur les prix : je vous mets au défi de trouver une PS3 40Go neuve à un tarif réellement inférieur à 400€. La marge sur une console vendue en France est largement supérieure à celle vendue ailleurs. Idem pour les OS d'ordinateurs, les TV LCD, les téléphones mobiles, etc...
Mais sans aller sur les produits à forte valeur ajoutée, regardez donc le prix d'un litre de Coca, d'un menu chez Mc Do, d'un panier de courses chez Wall Mart face à un sortant de chez Auchan... Tant que les consommateurs consentent à payer plus, les entreprises concernées ne vont pas lutter sur les prix.
Certes, le prix horaire du serveur Mc Do, de l'ouvrier Coca ou de la caissière sont supérieurs en France par rapport aux Etats Unis. Mais on ne peut payer moins des salariés pas qualifiés si l'on veut qu'ils continuent à manger et à vivre assez longtemps pour venir bosser le lendemain.
Pourtant, on apprend que le constructeur automobile le plus rentable au monde, BMW va se séparer de 8000 salariés, et surtout en zone €. Là, l'hypocrisie de patrons qui cherchent essentiellement à soutenir (doper?) leurs cours de bourse, s'envole dans des explications énoooooooormes.Je vous ai comparé les prix sur une PS3? Imaginez une Golf de chez VW, meilleure finition, meilleur moteur, full options, et bien, on atteint tout de même 15 000€ d'écart. Pour ceux qui sont nés comme moi du tps du Franc. 100 000 FRANCS!!!! 10 BRIQUES d'écart???
Et personne ne dit rien. Ni dans la presse spécialisée, ni dans la presse généraliste, ni chez les gauchos bobos qui roulent en New Beetle... S'il n'y a pas de désinformation, il y a au moins un manque d'information. J'ai la flemme de reprendre ma comparaison chez BMW, mais c'est encore pire. D'autant plus injustifié que de nombreux modèles de la marque sont déjà produits aux USA (4x4, coupé Z4 etc...) et donc pourraient être vendus en tenant compte de la dévalorisation du Dollar. Essayez de vous configurer une caisse sur BMW.COM et sur BMW.FR. Vous verrez bien.
Et tranquillement, BMW vire 8000 salariés. Là, il faut reprendre les déclarations du boss, qui veut dépasser les 20% de marge. Bientôt, les Allemands, persuadés d'acheter comme des patriotes teutons, vont se payer des BMW à un tarif allemand (LOURD avec des salariés plus chers qu'en France) en ne sachant pas qu'elles en sont plus du tout produites en teutonie.
Là, on voit bien que les barrières douanières font en fait le jeu des fabricants et non des consommateurs. Sinon, tout le monde achèterait sa PS3 sur Amazon.com version US et non pas à la Fnac. Idem pour une Golf, ou une BMW, il faut être con pour payer de 15 à 25 000 € plus cher la même voiture, avec les mêmes finitions, quand on le sait. Ainsi, la 335CXI convertible commence chez nous à 53 000€ et à 32 000€ aux USA.
Pourtant, c'est une telle galère de passer les douanes, le service des mines, de payer la bateau, etc... toutes ces règlementations sont en fait des pervertissements du libéralisme et privent les consommateurs de leur rôle de régulateur avisé qui compare les prix. Si on parle en nombre de mois de salaires minimum, l'écart ne se justifie toujours pas.
Alors, contrairement à ce que pensent les gentils gauchistes, il ne faut pas moins de libéralisme. Mais un libéralisme plus pur. Dans le sens où l'Etat ne jouerait plus un rôle de soutien à telle ou telle entreprise en faillite. MAIS SON ROLE de régulateur, celui qui garantit la libre concurrence et l'absence d'entente.
Pénalisons donc MSoft davantage pour son attitude sur ses OS et ses suites logicielles, pénalisons les lessiviers qui sont coupables d'entente comme nous l'a appris la confession du Groupe Johnson pour se répartir les parts de marché sans lutter sur les prix. Sanctionnons les opérateurs télécoms qui ont désormais amorti leur réseau 2G et qui continuent de ne pas baisser les prix alors que la minute de téléphone ne leur coûte plus que l'énergie et l'entretien de leurs bornes relais. Interpellons les patrons de multi sur leurs pratiques tarifaires à géométrie variable d'un continent à l'autre.
Les Apple, Toshiba, Sony, BMW, Unilever, Shell qui vendent leur bien à des prix incomparables, et même en tenant compte des différentes charges (TVA différentes, masses salariales différentes...) afin de s'engraisser scandaleusement. On impose à l'ouvrier EADS de Zone €uro de réduire ses primes pour pouvoir concurrencer les Boeing de la Zone Dollar, alors que la masse salariale de la fabrication d'un Airbus n'est rien en comparaison de l'amortissement de ventes réalisées en dollar à une époque d'un dollar fort et qu'il faut livrer avec un dollar si faible.
Je ne veux pas d'une économie soviétique, de production collectiviste. Je ne veux pas de négation de la propriété privée.
- Je veux un intéressement de l'entrepreneur. Une prime à l'innovation. Que le découvreur d'une molécule efficace puisse imposer des prix élevés pour amortir sa recherche & développement certes.
- Mais qu'ensuite, un "capage" intervienne dans le cadre de lois antitrust (et très libérales) qui sanctionnerait une société qui vendrait un bien avec plus de 20% de marge. L'usure est bien interdite en France. Pourquoi accepterait-on une "usure" non pas du crédit mais commerciale?
- Que les autorités de la concurrence s'assurent de l'absence d'entente pour une cartélisation d'un marché comme les derniers exemples dans les télécoms ou les lessives nous l'ont appris.
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